Bon album, Springsteen en studio, le CD avec Pine d'Huître

Note globale


(Note album : 8)


Documentaire quasiment sans intérêt, et le clip, oh my GOD !

Editeur : Sony Music
Durée totale : 0 h 40

(PCM)

Image        NTSC

En dehors d'un intérêt réduit, on ne pourra pas reprocher grand-chose à l'image du documentaire, de très bonne qualité et bien monté. Le clip de Jersey Devil fera par contre grincer des dents dès la première image. Dieu que c'est ridicule !
Documentaire sur l'enregistrement de l'album (36 min. 36 15 même, comme le Minitel)
Clip de A night with the Jersey devil (4 min)
Pas grand-chose à en dire non plus, puisqu'il ne s'agit la plupart du temps que de l'album passé sur fond de prises de studio. L'album étant bien produit... Les différences de volume entre les parties musicales et les (rares) parties parlées sont néanmoins très agaçantes.
Un bon, voire très bon album d'une grande variété, à écouter absolument. Le DVD bonus ? Vous pouvez le balancer. Le CD bonus est d'un tout autre calibre.
Au cours de Some Kind of Monster, le célèbre, passionnant et souvent involontairement comique documentaire consacré à l'enregistrement de St Anger de Metallica, nous apprenions que, pour lutter contre le piratage, de plus en plus de maisons de disque faisaient en sorte d'agrémenter leurs nouvelles sorties de différents bonus, boîtiers spéciaux, titres supplémentaires, DVD, etc… Quelques années plus tard, cette pratique est devenue, sinon systématique, en tout cas tellement courante que l'on n'y fait plus qu'à peine attention, la pauvreté globale des bonus en question n'y étant pas vraiment étrangère. Entre les boîtiers complètement nazes, impossible à ouvrir et fermer - quand ils n'abîment pas carrément les disques -, les titres supplémentaires récupérés en fond de tiroirs et collés n'importe comment en fin d'album quitte à en briser l'unicité, et les DVD "remplis" d'un misérable clip de 4 ou 5 minutes souvent même pas en format respecté, le bilan de l'opération ne s'avère que très rarement positif, du moins pour l'acheteur, l'éditeur quant à lui trouvant dans ces "bonus" une bonne occasion de saler de quelques Euros la facture.
Si, parmi les albums les plus récents de Springsteen, The Rising était passé entre les gouttes, tel n'est pas le cas de tous ceux sortis depuis. Devils & Dust et son DVD Bonus en "5.1" dont ont rit encore (si si, vraiment, Baker et moi au téléphone il y a quelques jours à peine !), les diverses versions de We Shall Overcome ont entre autres montré qu'il n'y a décidément jamais de petits profits. Un an et quelques mois après Magic, rebelotte pour Working on a Dream, le nouvel album du Boss, qui se voit offrir non pas un, mais selon le magasin d'achat DEUX disques bonus (en plus d'un digipack trop grand qui viendra gentiment pourrir votre classement). En guise de "2ème bonus", un CD d'environ 74 minutes où Antoine de Caunes, grand fan (euphémisme inside) de l'artiste retracera la carrière de Bruce Springsteen à travers commentaires et extraits audio. Pas vraiment tentant sur le papier malgré la sympathie que l'on peu avoir pour Didier l'Embrouille, l'écoute rend nettement justice à l'idée de ce bonus et à la passion communicative de son narrateur. Certes, les fans de la première heure n'y apprendront pas forcément grand chose (mais pas "rien" non plus), cela dit après tout, il n'y a pas que les fans de la première heure qui sont susceptibles d'acheter ce nouvel album, n'est-il pas ?
En guise de "1er bonus", celui prévu dès l'annonce de l'album, l'on trouve un documentaire d'une trentaine de minutes sur l'enregistrement de l'album. On nous promettait, à la base, un témoignage unique sur les méthodes de travail en studio de Bruce et du E-Street Band. Connaissant le pedigree documentaristique (© Kaworu 2009) du gars, en particulier le fantastique et ô combien roxor making of de Born to Run, fans de Springsteen de tous pays et de tous milieux s'unissaient par esprit depuis plusieurs semaines pour répandre leur bave sur l'acier chromé de leur ampli préféré.
Et, et, et, à l'arrivée, vlan, Jospinade, Airbus dans l'Hudson, Uwe Boll-sors-de-ce-corps, une bonne grosse plantade des familles. Comme aperçu des méthodes de travail, l'on n'aura rien de plus que Bruce jouant devant ses musiciens les démos des morceaux, pendant que ceux-ci (enfin, Roy Bittan en tout cas) notent les accords et transitions avant de passer à la réalisation d'arrangements définitifs que l'on entendra en détails sur des images d'enregistrements façon clip de Sardou, sans véritable point de vue sur le work in progress. Globalement, donc, on peut résumer ce documentaire ainsi : Springsteen joue la démo d'un morceau à la guitare acoustique, donne quelques instructions, puis on passe à une séquence purement musicale où la version album du morceau sera jouée sur fond de prises de studio. Copiez-collez ça huit fois et hop ! Un making of " exclusif " de Working on a Dream qui n'a, en fait, qu'un intérêt vraiment TRES relatif, et je suis gentil. Un ragondin lobotomisé pourrait filmer un truc plus en adéquation avec ce que l'on attend d'un "making of" digne de ce nom. Seules surnageront les 5 dernières minutes, hommage à Danny Federici qui nous a quittés l'an dernier et à qui la totalité du projet Working est dédié. Un souci d'exhaustivité m'oblige aussi à parler du dernier élément de ce DVD, le clip d'une Bonus Track intitulée "A Night with the Jersey Devil", prévue à l'origine sur l'album et écartée au dernier moment… ce que pour le coup on ne regrettera pas du tout ! La chanson, médiocre, aurait fait tâche sur l'album, surtout en fin et le clip, kitchissime, n'augmentera pas la réputation peu glorieuse du Boss en la matière.

"Et l'album ?" me dira t-on. Et bien si de preuves il y avait besoin pour démontrer qu'un bon disque n'a pas besoin de trouze-mille bonus pour intéresser, Working on a Dream ferait certainement l'affaire. Par rapport à un Magic sympathique mais un peu "facile", Working se montre plus cohérent, plus ambitieux, plus varié, et mieux produit aussi, avec l'ajout d'arrangements à cordes (et un peu à cuivres) bienvenus et bien vus. Le morceau d'ouverture, Outlaw Pete, sera aussi l'occasion pour Springsteen d'inclure de façon plus voyante dans ses propres chansons les influences country de la tournée We Shall Overcome, en plus de s'essayer pour la première fois depuis longtemps à l'exercice du morceau long. En règle générale, les morceaux mid-tempo se montrent plus convaincants que les purs rock. Mais, comme tant d'autres parmi les chroniqueurs de cet album, on retiendra surtout la chanson The Wrestler, écrite pour le film du même nom avec Mickey Rourke, splendide morceau à la fois dépouillé et magnifiquement produit (malgré un fadeout Genesisien).

Tiens, c'est une bonus track. Comme quoi, finalement, tous les bonus ne sont pas à jeter !


01-02-2009