Album de la tournée fabuleux, excellente prestation live, grosse mise en scène

Note globale


(5 pour le foutage de gueule)


Concert charcuté, pas de vrai remastering, Mercury qui cachetonne sur le dos des fans et du groupe

Editeur : Mercury / Universal
Durée totale : 1 h 07

(PCM)

Image        NTSC

Rien

Mercury n'est quand même pas allé jusqu'à nous coller un véritable transfert VHS, la définition est donc correcte, mais l'image n'en reste pas moins assez moyenne, avec des problèmes récurrents de points blancs. Réalisation quasi-parfaite, comme toujours.
Pas de multicanal, hélas, surtout pour le live d'un album comme Sexy Stream Liner, mais du bon PCM quand même, bien que le son paraisse un peu "lointain". Je doute que la piste ait été remastérisée.
Même en admettant le fait que le concert ait été scandaleusement charcuté dans tous les sens, on récupère tout de même l'intégralité de Sexy Stream Liner et la chanson Gessekai en fin de concert, soit du 100% génial.
Rien, et certainement pas le concert restauré dans son intégralité. Ah si, pardon, il y a un livret avec les paroles.

Le petit Bucky n'avait ni père ni mère. Seul au monde, on ne donnait pas cher de sa peau, à ce pauvre petit. Mais Bucky avait un don : il savait faire de la musique. De la grande, de la belle musique. Partout où il passait, il chantait, jouait, dans les bars, les rues et les auberges, apportant bonheur et beauté aux tristes journées laborieuses du peuple. Ainsi Bucky survivait, tirant de son art les ressources dont il avait besoin, rêvant de lendemains meilleurs où, peut-être, il pourrait confortablement vivre de sa musique et la faire partager au plus grand nombre.

Un jour, par une belle journée de 1987, un célèbre mécène du nom de Victor vînt à traverser la ville. Fourbu de son long voyage, Victor décida de s'arrêter à l'auberge pour y passer la nuit. Pendant qu'il prenait son repas entouré de ses collaborateurs et amis, son regard fût irrésistiblement attiré par un petit garçon en train de s'installer, guitare à la main, sur la petite scène en fond de salle. "Qui est ce gamin ?", demanda t-il à la serveuse "C'est Bucky", répondit-elle sans plus de détails. "Mais... vos patrons vont laisser un enfant si jeune prendre possession de la scène de votre établissement ?". "Ce n'est pas un garçon ordinaire", fît-elle alors, "c'est un petit génie, vous verrez ! Installez-vous confortablement, et écoutez, vous n'en reviendrez pas".

Piqué dans sa curiosité, Victor suivi les conseils de la serveuse, et se prépara à écouter la prestation du petit Bucky, non sans conserver quelques doutes. "Impossible", pensait-il, "qu'un enfant si jeune puisse faire quelque chose de véritablement digne d'intérêt, mais voyons quand même, ça ne coûte rien".

Bucky, ignorant qu'une personnalité telle que Victor se trouvait dans la salle, se contenta de jouer comme à son habitude. Mais "comme à son habitude", pour un garçon comme lui, cela signifiait beaucoup. Ayant empoigné sa guitare, il égrénait innocemment les quelques notes qui servaient toujours de prologue à ses prestations. Puis il annonça à la salle "bonsoir, voici une nouvelle chanson, elle s'appelle Fly High"... Et la magie emplit la salle comme les coeurs.

Victor n'en croyait ni ses oreilles, ni ses yeux. La chanson de ce gamin était incroyable ! "Un petit manque de maturité", se dit-il "encore qu'à cet âge c'est bien normal". "Et les paroles ne veulent rien dire, mais ce n'est franchement pas grave". Et effectivement, ce n'était pas grave ! La seule vue du public en train de reprendre en choeur et comme un seul homme "OK Oneself to the Fly High" l'en convainquit sur le champ. Puis Bucky joua Moon Light, l'une des chansons que le public préférait, et ce dernier le fît savoir en reprenant les paroles de plus belle.

" I'm Lonely Moon"…

Le spectacle fini, enchanté et passablement abasourdi, Victor se tourna vers ses collaborateurs. Il lût dans leurs yeux que ceux-ci pensait à la même chose que lui. "Il nous faut ce garçon, absolument !". Sitôt pensé, Victor passa à l'action. Il se leva, se précipita vers Bucky et lui dit "mon garçon, tu es doué, très doué même. Trop pour te contenter de jouer dans les bars. Je suis un célèbre mécène, et si tu le veux je ferais de toi quelqu'un de célèbre et de respecté. Tu pourras vivre de ta musique et la jouer dans tout le pays, et même plus loin si le coeur t'en dit !". Fou de joie à l'idée de pouvoir réaliser son rêve, Bucky ne se fît pas prier et s'engagea sur le champ à travailler avec Victor.

Peut-être ici le lecteur s'attendra à voir le récit du rêve de Bucky virer au cauchemar, à ce que cette histoire soit celle d'un garçon talentueux mais naïf, devenu esclave d'un homme sans morale ni honneur et mort dans l'anonymat et le malheur. Mais non. Victor n'était sans doute pas parfait -quel être humain l'est de toute façon ?-, mais il était honnête, et aimait véritablement son métier. Il tînt sa promesse, et fît de Bucky un musicien célèbre, connu et reconnu de tous. Bucky, de son côté, entendait bien ne pas décevoir son bienfaiteur. Il travailla dur, et au fil des années fît évoluer son style vers des compositions de plus en plus ouvragées, de plus en plus originales, sans jamais perdre cette fraîcheur qui faisait son charme.

Cette histoire aurait pu continuer comme cela indéfiniment, mais hélas rien n'est jamais parfait en ce monde. Un jour, une dizaine d'années après leur rencontre, Victor convoqua Bucky dans son bureau, et lui dit : "Bucky, je te connais depuis presque dix ans maintenant. Je t'ai vu grandir, changer, évoluer, avec une fierté toujours croissante. Tu es pour moi comme un fils. Si je le pouvais, je te garderai auprès de moi jusqu'à la fin de mes jours. Mais je sais que pour grandir, les enfants doivent un jour quitter le nid de leur parents et partir à l'aventure pour faire leur vie. Tu as besoin de voir d'autres horizons, de travailler avec d'autres gens, ce sera sans doute difficile, mais tu n'en seras que plus fort à terme. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, je mets fin à notre collaboration professionnelle. Tu seras toujours le bienvenu chez moi, mais désormais, tu devras trouver un autre éditeur pour ta musique".

Quoique triste, et sans doute un peu déstabilisé, Bucky comprît qu'une fois de plus, Victor ne souhaitait que son bien. Il prépara ses affaires, et quelques jours plus tard quitta le domicile de son tuteur et mentor, non sans quelques larmes, force remerciements et de nombreuses assurances de sentiments éternels. Bucky n'eût cependant pas à chercher longtemps pour trouver un nouvel éditeur, sa notoriété et son talent l'ayant précédé dans ses démarches. Parmi les nombreuses propositions qu'il reçu, il décida d'opter pour celle de Mercury Corp. qui lui offrait véritablement un pont d'or, et les rejoignit dès 1997.

Fidèle à ses excellentes habitudes, Bucky ne chôma pas pour son nouvel éditeur, bien au contraire. A l'écoute des styles en vogues, les assimilant à son propre univers, Bucky revînt au devant de la scèneà la fin de l'année avec Sexy Stream Liner, l'un de ses tout meilleurs albums. Conscient que la tendance de l'époque était de faire un album fusionnant le rock et la techno, conscient aussi de la difficulté de l'entreprise après que de nombreux autres artistes s'y soient cassé les dents, Bucky réussit finalement là où tout le monde avait échoué, prouvant une nouvelle fois son immense talent, au grand plaisir évidemment de Mercury Corp. La tournée qui s'ensuivît, le "Sweet Strange Live", marqua la transformation gagnante d'un réussite studio en réussite Live. Bucky était fier, Victor heureux des nouveaux projets de son ancien protégé, et Mercury Corp. se frottait les mains.

Et Mercury Corp. pouvait se les frotter. En coulisses, à l'insu de Bucky, les dirigeants de la compagnie préparaient un plan diabolique. Avant même la fin de la tournée, Mercury Corp exigea de Bucky la livraison de nouvelles chansons, sans lui laisser le temps de se reposer. A peine le single Gessekai sorti, Mercury renouvela ses exigences, qui aboutirent à la sortie de deux autres singles à intervalles rapprochés, pour un total de sept nouvelles chansons ! Quoique Bucky ait mis tout son coeur dans ces nouveaux morceaux, proposant comme toujours le meilleur de lui-même, en particulier sur Gessekai et Myu, afin de ne pas décevoir son public, il savait qu'il ne pourrait tenir longtemps le rythme face aux exigences de Mercury Corp. Il décida alors de les quitter, et de prendre quelques vacances pour se ressourcer.

Hélas, c'est au moment de son départ que le plan démoniaque de Mercury Corp. lui fût dévoilé. La compagnie avait gardé les copyrights de tous les morceaux que Bucky avait écrits. Bien sûr, il conservait ses droits d'auteurs et la possibilité de les jouer en public, mais Mercury Corp. pouvait à volonté réutiliser les morceaux écrits et édités durant la période où Bucky avait travaillé pour eux... Et la Compagnie ne s'en priva pas !

A partir de l'album et des trois singles qu'ils avaient édité, Mercury Corp. réussit à sortir rien de moins que deux compilations, toutes les deux d'une flagrante inutilité. Bucky eût beau prévenir sur son site officiel que ces produits étaient sortis sans son accord, ils n'en restaient pas moins une atteinte à son image d'intégrité jusqu'ici sans faille. Le live de la tournée Sweet Strange Live subit le même sort : scindé en une version simple CD incomplète et une version VHS charcutée, il ne permît pas au public de retrouver le spectacle dans sa version intégrale, trahissant du même coup les intentions scéniques originales de Bucky. Ne reste du contact public de la tournée qu'une séquence de la vidéo montrant Bucky, aux prises avec un problème technique, faisant chanter le public à capella sur la chanson Cosmos...

Bucky mît plusieurs mois à se remettre de ces actes. Lui, honnête depuis toujours, choyé pendant des années par Victor, ne soupçonnait pas que des gens travaillant dans le domaine artistique puissent se montrer aussi veules. Echaudé, il prît de nombreuses précautions avant de se décider à signer chez un nouvel éditeur. Son choix se porta finalement vers BMG Funhouse. Ce fût le bon. Bucky, au sein de cet éditeur, pût reprendre un rythme de travail normal, et continue à donner le meilleur de lui-même dans un environnement sain. A l'heure où nous écrivons ces lignes, Bucky prépare sereinement la sortie de son prochain album, le seizième. Tout est bien qui fini bien.

Vraiment ?

Non. Car Mercury Corp. n'a pas renoncé à se faire de l'argent sur le dos de Bucky. Fin 2005, alors que ce dernier préparait la sortie du live de ce qui était alors sa dernière tournée, 13th floor with Diana, Mercury Corp. en profita pour sortir, une semaine plus tôt, le portage DVD de la VHS du Sweet Strange Live. En a-t-il profité pour proposer les améliorations nécessaires ? Bien sûr que non ! Pas de bonus, pas de remixage multicanal en Dolby Digital ou DTS, et pas même le concert complet, toujours la version tronquée de 1998. Un nouveau camouflet pour le public de Bucky, qui n'ignore pas que, même incomplet, il lui faut ce DVD, tant la prestation est réussie et l'album de la tournée fabuleux.

Alors, ami lecteur, si tu aimes la carrière et l'histoire de Bucky, sois sûr d'une chose : ce concert est bon, très bon même, ce qui fait d'autant plus regretter qu'il soit charcuté dans tous les sens. Il t'est indispensable, et même si tu prends de l'eczéma en pensant qu'une partie de ton argent dépensé pour l'acheter va aller dans les poches de ces salauds de chez Mercury -ce que je comprends tout à fait-, n'oublie pas non plus qu'une autre partie va dans celles de Bucky. Et si Mercury ne mérite pas ton sacrifice, la prestation de Bucky, elle, si.

La morale de l'histoire : ne jamais oublier que, si les maisons de disques sont souvent des arnaqueuses, les premiers à en souffrir, ce sont les artistes.

A vous, Cognacq Jay !



25/01/2009

4 ou 5 septembre 1998 - Nippon Budôkan (Japon)


01. Sexy Stream Liner
02. Heroïn
03. Chôchô
04. Kalavinka
05. Sasayaki
06. Rasen Chû
07. Cosmos
08. My fuckin' Valentine
09. Lizard skin no Shôjo
10. Muchi no Namida
11. Kimi ga Shin... dara
12. Schizo Gensô
13. Thanatos
14. Gessekai


Atsushi Sakurai - Chant   
   Hisashi Imai - Guitare, chant
Hidehiko Hoshino - Guitare, choeurs, claviers   
   Yutaka Higuchi - Basse
Toll Yagami - Batterie   
   Kazutoshi Yokoyama - Claviers, samples (hors-scène)