Les bonus, excellentes versions des titres joués, et puis Echoes...

Note globale


(8/10 pour les amateurs de Island)


Une setlist foutrement étriquée, l'image inégale, et encore du Dark Side of the Moon...

Editeur : EMI
Durée totale : 5 h 22
(+ quelques minutes planquées)

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Image        PAL

Clips de On an Island et Smile
Road-movie : Breaking bread, drinking wine (46 min 16/9 st fr uk avec fonction lapin blanc)
Making-of On An Island (17 min 16/9 st fr uk fonction lapin blanc)
Tournée US (5 min 16/9 st fr uk)
Galerie de photos (7 min 16/9)
Credits (4 min 16/9)

Magnifique sur les bonus, le live de son côté souffre de plans parfois atrocément granuleux, à croire que certaines caméras ont foiré ce soir-là. Très mauvais point aussi pour les stroboscopes de Take a Breath, qui feront littéralement SAUTER de joie l'image de certaines télés.
La stereo en Dolby Digital au lieu de PCM fait tâche à côté du son large et chaleureux du 5.1, qui sait aussi mettre la patate quand il faut.
Les titres bonus ayant été relégués en... bonus, la setlist du concert va être notée indépendamment... La pauvre ! Une seule vraie surprise, de taille, mais une seule quand même, sinon trop de morceaux déjà vus, des extraits de Dark Side présents vraiment une fois de trop ces dernières années, et des petits nouveaux en mode ron-zzz. Rajoutez 2 points si vous aimez On An Island.
Voilà ce que j'appelle un DVD bonus ! Trois documentaires interactifs, mais aussi et avant tout des tonnes de bonus tracks, la plupart bien plus intéressantes que le programme principal.

Ah... Pink Floyd ! David, Nick, Roger, Richard, Dark Side of the Moon, Syd, Dark Side of the Moon, leurs fantastiques albums, Meddle, Dark Side of the Moon, Wish You Were Here, The Wall, Dark Side of the Moon, Animals, The Final Cut, The Division Bell, Dark Side of the Moon, leurs concerts et tournées magiques, Dark Side of the Moon, leurs avances sur leur temps, Dark Side of the Moon, leurs prouesses technologiques, Mellotron, Cris de Baleines, Alan Parsons, Dark Side of the Moon, leurs pochettes sublimes, Storm Thorgerson, Dark Side of the Moon, leurs lives inoubliables, Ummagumma, Pulse, Dark Side of the Moon, leurs merveilleux musiciens additionnels, Snowy, Guy, John, Tim, Gary, Sam, Dick, Dark Side of the Moon...
Et puis de temps en temps un album ou une tournée solo, comme David Gilmour pour promouvoir On an Island, un disque que sa pochette ben elle est très jolie. "Mais pourquoi s'acharne t-il à nous coller Dark Side of the Moon tous les quatre mots ?" Permettez-moi de retourner la question : pourquoi tout le monde s'acharne à nous jouer Dark Side of the Moon en live à longueur de temps ? Ne vous méprenez pas, je ne critique pas l'album, c'est un mythe, et pour de bonnes raisons. D'ailleurs, quand Pink Floyd a décidé d'en rejouer l'intégralité lors du Division Bell Tour, c'était une idée fantastique, d'autant plus fantastique même que l'interprétation a été accompagnée d'une mise à jour bienvenue de certains passages (l'intro et le son de guitare de Time) et d'une amélioration de certains autres (The Great Gig in the Sky avec Sam Brown et ses copines en premier lieu). Reste que depuis 1995, on frise l'overdose. Baker m'a piqué ma phrase lors d'une de ses chroniques, je reprends donc ce qui m'appartient : Dark Side of the Moon, c'est devenu la tarte à la crème du rock. T'as pas d'idée ? Joue-le, comme ça tu seras assuré d'avoir le public dans ta poche pendant environ 45 minutes.
Beaucoup ont compris le message. Résultat, suite à Pulse et en moins de dix ans, Australian Pink Floyd a joué l'intégralité de Dark Side of the Moon et l'a sorti en DVD, Dream Theater a joué l'intégralité de Dark Side of the Moon et l'a sorti en DVD, EMI a fait faire par James Guthrie un mix 5.1 de Dark Side of the Moon et l'a sorti en SACD (on attend les autres albums, merci), et Roger Waters à son tour nous a joué l'intégralité de Dark Side of the Moon, mais ne l'a pas encore sorti en DVD... on l'en remercie chaleureusement ! Pour ne rien arranger, chacun des groupes (ou compagnie) pré-cités s'est contenté d'une interprétation copie carbone de l'album studio, sans égards à la version Pulse, seule à avoir su apporter quelque chose. Pour toutes ces raisons, je tiens à le dire, à le crier même : Dark Side of the Moon, y'en a MARRE !
Alors quand, pour sa dernière tournée, David Gilmour arrive encore à nous coller quatre titres de Dark Side of the Moon en ouverture, les nerfs lâchent, le prix scandaleusement élévé du DVD à sa sortie n'aidant pas (30€, même les collectors de films ne se vendent plus à ce prix de nos jours !!). A croire que les membres du groupe eux-mêmes semblent avoir oublié les 3/4 de leur discographie. Alzheimer ? Même pas. Ce serait pourtant une bonne façon d'excuser les pans entiers d'albums jamais revus depuis leurs tournées respectives, du genre The Wall, Animals, More, Obscured, Piper, Saucerful, Momentary Lapse, Division Bell ou, pour faire court, la totalité de leur discographie à part, ô surprise, DARK SIDE OF THE MOON (bon, et Wish You Were Here, ok) !
On me dira que je fais une montagne de pas grand-chose. Et ce n'est effectivement pas totalement faux. Il n'empêche, la présence en ouverture de ces quatre extraits de l'album de 1973 est révélateur des points faibles de ce DVD de Gilmour & Cie au Royal Albert Hall, la plus belle scène anglaise (il fallait le dire), lesquels points faibles ayant trait à la setlist. Bien sûr, à part Shine On que tout le monde semble s'obstiner à vouloir jouer de toutes les façons possibles et imaginables sauf celle que l'on aimerait entendre (l'intégralité du morceau en un seul bloc avec un son moderne), tout est impeccablement joué par des musiciens dont on aimerait se faire greffer les doigts. Les morceaux - du moins ceux de Pink Floyd - sont si réussis que malgré l'agacement de se taper toujours les mêmes on est à fond dedans dès l'intro passée, et les versions jouées ont le mérite d'être, à part Shine On, extrêmement réussies, comme en témoigne cette version à se damner de Echoes attendue depuis des décennies, ou le Live in the Studio de Astronomy Domine qui croise la folie toute puissante de la version studio avec le son d'une formation à double guitare et clavier des années 2000. Sans compter l'invitation de Robert Wyatt et David Bowie, double surprise agréable malgré quelques gros déraillements vocaux du dandy aux yeux anaglyphiques.
Mais grosso modo, les morceaux de ce DVD se divisent en trois catégories : des titres trop entendus mais trop bien joués pour vraiment leur taper dessus ; des raretés inattendues reléguées pour la plupart dans les bonus ; et des morceaux nouveaux dont une bonne partie des amateurs du Floyd, l'auteur de ces lignes et son rédac-chef compris, se seraient volontiers passé... Au profit de chansons du Floyd ? Peut-être bien que oui. Au profit de chansons plus rythmées ? Assurément ! Les chanceux qui ont apprécié On an Eiderdown, pardon, Island, seront néanmoins aux anges d'en trouver l'intégralité sur ce DVD, et seront nettement moins touchés par les défauts pré-cités. Qu'ils pensent d'ailleurs à majorer d'un gros point la note en haut de page. Les autres, ceux chez qui On An Island fait l'effet d'un concentré d'extraits d'huiles essentielles de l'Inspecteur Derrick en intraveineuse, fait auquel l'interprétation live ne changera strictement rien, se reconnaîtront sans doute dans les paragraphes qui ont précédé. Si dans le tas il y a des Gilmouriens purs et durs, ils se demanderont peut-être pourquoi l'album éponyme et About Face sont totalement absents, alors que leur présence, théoriquement plus légitime que Dark Side of the Moon dans un live de David Gilmour, aurait sû offrir à cette tournée un surcroît d'originalité. Qu'ils se rassurent, on se le demande aussi.
Après, évidemment, comment dire du mal - vraiment du mal - de ce DVD ? On parle d'un membre de Pink Floyd, tout de même, et l'on sait à quel point il est difficile de rater quelque chose dans lequel on a mis du Floyd. Jusqu'ici, seule une poignée d'immondes tâcherons comme FNM ou Billy Sherwood y sont parvenu, ce qui leur a valu un massacre en règle et de splendides notes sur ce site. Nonobstant les problèmes de setlist, la performance frise la perfection, le son est de qualité floydesque, donc parfait si l'on fait abstraction de la stéréo en Dolby Digital un peu radasse sur les bords, les musiciens, à l'image du dieu qui les a embauchés, jouent toujours LA note qu'il faut exactement QUAND il faut, et l'on ne peut que s'incliner devant la rendition live de n'importe quel des morceaux interprétés durant cette tournée (à part Shine On dont les couplets à capella avec Crosby et Nash jurent atrocement). Même ceux que l'on entend à tous les coups, comme Coming Back to Life ou Confortably Numb. Il y a aussi celles dont on ne peut décidément pas se lasser, High Hopes encore et toujours somptueuse, avec un solo plus long histoire de passer un petit peu plus de temps sur le petit nuage de bonheur qui nous emporte chaque fois que retentissent les premiers coups de cloche. Et puis, il y a Echoes.
Aucun mot ne saurait décrire à quel point la réinterprétation de ce monument était attendue. Absent depuis les années 70, si l'on excepte un minuscule retour avorté lors du Momentary Lapse of Reason Tour, Echoes n'en fait pas moins partie des titres les plus adulés et les plus fascinants du Floyd, un mythe tel que Gilmour et sa bande n'avaient pas droit à l'erreur. Erreur il n'y eût point. Du son de piano délicieusement maltraité par une cabine Leslie qui ouvre le pavé de 20 minutes au son tourbillonnant sans fin qui le conclue, en passant par les fameux cris de baleines, tout est là (excepté une petite section ayant sauté juste avant le premier couplet), intact, dans sa splendeur originale, mais avec un vache de gros son qui arrache la gueule pile quand il le faut, pas ailleurs, et surtout pas sur les couplets dentelles, désormais chantés en trio par Gilmour-Wright-Carin, sans erreur sur le texte, ce que l'on regretterait presque après avoir vu le documentaire de Live at Pompeï et entendu quelques vieux bootlegs (c'est toujours marrant quand Dieu (#1) et Dieu (#2) se plantent !).

Histoire de se faire pardonner un peu plus de cette setlist somme toute très conventionnelle (oui, j'en rajoute une louche à chaque paragraphe), Dieu (#1) n'a pas lésiné sur les bonus. Le deuxième disque, qui leur est entièrement dédié, déborde de choses à voir. Documentaire de 3/4 d'heure, avec les plus vieux "branleurs en tournée" qu'on ait vu depuis le lancement de ce site, et avec des private joke que seuls les über-fans comprendront (du genre Gilmour remerciant le maire de Venise de lui avoir permis de revenir), documentaire mulltimedia qui plus est puisque viendra régulièrement s'afficher dans le coin supérieur droit de l'écran la silhouette de Dieu (le même qu'au-dessus) indiquant la possibilité d'entrer dans les détails d'un élément que l'on vient de voir. Un autre doc beaucoup plus court sur la tournée US, encore un autre sur le Making-Of de Soporifisland, le tout sous-titré en 8 langues, le genre de petites attentions qu'on aime particulièrement. On y trouvera aussi une galerie photo, pour les ceusses qui aiment, et bien sûr le gros morceau, le truc que tout le monde attend, les 16 (!!) bonus tracks, où l'on trouve ce que l'on aurait dû avoir en programme principal (et hop, encore une couche, la peinture sera parfaite après ça). Des trucs géniaux (Wot's... uh the deal, Dominoes, Dark Globe), des trucs exagéniaux (10 puissance 18 : Arnold Layne et Confortably Numb avec Rick Wright en lead, Astronomy Domine, sans oublier la présence quasi-orgasmique de Wearing the Inside Out), une jam pas trop mal, deux clips, et quelques trucs un peu moins géniaux (des redites de Quit the Island). Essuyez la bave, ça va tâcher le clavier ! Comme quoi, dès qu'on se creuse un peu la tête sur les morceaux joués, ça va mieux, non ? Si seulement tout avait été ainsi...


04-02-2008


PS : Ah, au fait, pour On An Island, je blaguais, hein ! D'ailleurs, je le jure, si j'ai à quelque moment eu la moindre mauvaise pensée à l'encontre de son merveilleux, parfait et si rythmé album, que Dieu (#1) me foudroie sur le ch...

PS 2, signé Baker : Grand concours DDS ! Si vous réussissez à retrouver le nombre précis de fois où mon infortuné Kaworu, désormais réduit en cendres (un conseil, ne jouez jamais avec les nerfs de Dieu (#1)), a parlé de Dark Side of the Moon durant cette chronique, vous gagnerez le droit d'être cité dans le prochain édito. Cool, non ? Eh oh, soyez poli quand j'vous parle !

Mai 2006 - Royal Albert Hall (Londres, Royaume-Uni)


01. Speak to me
02. Breathe
03. Time / Breathe (reprise)
04. Castellorizon
05. On an island
06. The blue
07. Red sky at night
08. This heaven
09. Then I close my eyes
10. Smile
11. Take a breath
12. A pocketful of stones
13. Where we start
14. Shine on you crazy diamond
15. Fat old sun
16. Coming back to life
17. High hopes
18. Echoes
19. Wish you were here
20. Find the cost of freedom
21. Arnold Layne
22. Comfortably numb
23. Wot's... uh, the deal ? - Bonus
24. Dominoes - Bonus
25. Wearing the inside out - Bonus
26. Arnold Layne - Bonus
27. Comfortably numb - Bonus
28. Dark globe - Bonus
29. Astronomy domine - Bonus
30. This heaven - Bonus
31. Castellorizon - Bonus
32. On an island - Bonus
33. The blue - Bonus
34. Take a breath - Bonus
35. High hopes - Bonus
36. Island Jam 2007 - Bonus


David Gilmour - Chant, guitare, lap steel   
   Richard Wright - Claviers, chant, choeurs
Phil Manzanera - Guitare, choeurs   
   Jon Carin - Claviers, lap steel, choeurs
Guy Pratt - Basse, guitare, choeurs   
   Steve DiStanislao - Batterie, choeurs
Dick Parry - Saxophone, claviers   
   Robert Wyatt - Chant, trompette
David Crosby, Graham Nash, David Bowie - Chant, choeurs